野田首相 「誰もが、この痛みは、責任は共有しなければいけない」 – Noda : “Chacun doit partager cette douleur”

昨日3月3日、ル・モンド紙やリベラシオン紙にも掲載されていた、AFP通信社のこんな記事があった。

記事タイトル = 「福島の災害への個人的責任はない」

まぁ、今に始まったことではないけど、どうも日本政府は国内で発言するのと海外向けに発言するのと、ちょっと違うんだよね・・・。

っと、こう感じるのは、実際に日本政府が国内向けと海外向けに発表する内容を変えているというのもあるのかもしれんが、たとえば「記者クラブ」限定の会見で、その「発言」が記者(達)により、「選択」され、「記事」になり、新聞読者が知るという、ある意味「条件付」で情報が入ってくるというか、流されるわけよな。

ま、取りあえずAFP記事、それからAFP通信社のビデオニュースからメモった事。

● 3月3日東京で、野田首相は、外国人記者への会見を行った。← こうやってさ、外国人記者相手に行う会見で、日本語なんだよね。こういう場面で英語で会見するとかさ、そういう準備というか、訓練は、日本の総理大臣には求められてないんだな・・・って感じがするのはアタシだけ?ま、今となっては「英会話教室」に通ったり、「NHK英語講座」とか見たり聞いたりしてる時間なんぞ無いだろうけどねッ!! ま、この際、英語はどうでもええわ、原発事故なんとかしろよ、あと、嘘ブっこいて逃げたり、責任回避するなッ!!! で、FUZAKERUNA!!!!!

● 野田 「日本当局は、原発エネルギーの安全神話に騙されていた為、2011年3月11日発生の災害に対処するような準備は出来ていなかった。」

● 野田 「巨大津波により電源回路が水浸しになりメルトダウンを引き起こした。」

● 野田 「日本の法律上の下、主な責任は東京電力にあるのは明らかだが、政府も事業所も専門家達も、あまりにも深く安全神話に吹き込まれていたっという事から教訓を学ぶべきだと思います。」

● 野田 「特定の誰かを責めるというよりも、むしろ、ここから学び、痛みを共有するべきだと思います。」

以下、AFPのビデオニュースはフランス語なんだけど、時々、野田首相の言葉がフランス語通訳の声にかぶらずに、まんま聞くことが出来るんだよね。

で、新聞のAFP通信社記事に寄ると、野田首相は「特定の誰かを責めるというよりも、むしろ、ここから学び、痛みを共有するべきだと思います。」っと言ったことになってんだけど、ビデオで首相の発言で、実際には、こう発言されたことが聞き取れるよね。

● 野田 「誰もが、この痛みは、責任は共有しなければいけないだろうと思います。」 (引用)

以下、映像で確認してみてよ。

AFP – 03/03/2012

野田首相は、原発事故の責任問題に対して、「責任は共有しなければいけないだろうと思います。」云々と言ったわけだけど、先日、同じく原発責任問題についての発言をした、原発業界では重要な人物が居る。

誰よ?

答え = ベルナール・ビゴ氏 = フランス原子力庁のボス(長官)

で、ビゴ氏は、先日2月21日、フランスの産業大臣エリック・ベッソンと共に福島原発を訪問したんだよね。

昨日3月3日のリベラシオン紙に、ビゴ氏のインタビュー記事が掲載されててさ、ビゴ氏の見解が伺えるんだよね。

土曜、日曜合併号のリベラシオン紙 2012年3月3、4日付より。

Libération – 03,04/03/2012

その一部分を抜粋し訳してみるんで、あたしの訳で良ければ読んで。

リベラシオン紙 : この原発事故、責任者は居るんですか?

ベルナール・ビゴ氏 「原子炉は、ゼネラル・エレクトリック社の協力の下、設計されたんです。45年前の当時、設計は、津波への危機感が低い人々によって設計されたのでしょう。閉鎖するか、それとも大規模な建設工事に着手するかっという選択をしなければなりませんでした。また、付け加えて言える事は、日本の原子力安全・保安院は、非常に断片的で、産業システムに依存しているということ。それに加えて、一致・合意文化を考慮すると・・・誰にも、『ちょっと待った、我々は間違いを犯してるぞ』っと言える勇気、もしくは洞察力が無かったのです。」

Il y a donc des responsables ?

Ces réacteurs ont été construits avec l’aide de General Electric. La conception a sans doute été faite, il y a quarante-cinq ans, par des gens peu sensibilisés au risque de tsunami. Il fallait choisir de fermer ou de faire des travaux importants. Par ailleurs, l’Autorité de sûreté nucléaire japonaise est très fragmentée et dépendante du système industriel. Ajoutez la culture du consensus… Personne n’a eu le courage ou la lucidité de dire «stop, nous faisons une erreur».

あと、コレも見てみてぇぇえええっ!! (特に6分過ぎから、このビゴ氏が何やらクっちゃべってるから。)

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昭和天皇 「この際、耐え難きを耐え、忍び難きを忍び、一致協力、将来の復興に立ち直りたいと思­う。」(1945年8月9日)

昭和天皇、玉音放送 「耐え難きを耐え、忍び難きを忍び」 (1945年8月15日正午)

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以下、記事まんま。

Le Monde (AFP) – 03/03/2012

Pas de responsabilité individuelle pour la catastrophe de Fukushima

Le premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, a estimé, samedi 3 mars, que personne en particulier ne pouvait être tenu pour responsable de l’accident nucléaire de Fukushima, mais que chacun devait “partager cette douleur”.

Lors d’un entretien accordé à des journalistes étrangers à Tokyo, M. Noda a reconnu que les autorités nippones avaient été flouées par “le mythe de la sûreté” de l’énergie nucléaire et n’étaient pas préparées à une catastrophe de l’envergure de celle survenue le 11 mars 2011.

Il a toutefois écarté toute responsabilité individuelle dans l’accident provoqué par un tsunami géant qui a noyé les circuits d’alimentation électrique et provoqué la fusion du combustible nucléaire dans les réacteurs de la centrale Fukushima. Des dizaines de milliers de riverains ont été forcés d’évacuer leur domicile pour échapper aux rejets radioactifs qui ont contaminé le sol et la mer dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres.

“Evidemment, la responsabilité première au regard de la loi japonaise incombe à l’opérateur” de la centrale nucléaire accidentée, Tokyo Electric Power (Tepco), a dit M. Noda. “Mais le gouvernement, tout comme les opérateurs et les spécialistes experts, étaient trop profondément imprégnés du mythe de la sûreté et je pense que c’est la conclusion que l’on peut en tirer.” “Plutôt que de blâmer quelqu’un en particulier, je crois que chacun doit partager cette douleur et en tirer des enseignements.”

Les commentaires du premier ministre surviennent quelques jours après qu’une commission d’enquête indépendante a révélé que le président de Tepco avait voulu au pire de la crise faire évacuer le site où ses employés tentaient de maîtriser l’accident. Il a finalement renoncé uniquement après que le premier ministre de l’époque, Naoto Kan, eut menacé de briser Tepco si l’opérateur abandonnait la centrale à son sort.

http://www.lemonde.fr/international/article/2012/03/03/pas-de-responsabilite-individuelle-pour-la-catastrophe-de-fukushima_1651524_3210.html

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Libération – 03/03/2012

«A Fukushima, personne n’a eu le courage de dire “stop nous faisons une erreur”»

InterviewBernard Bigot, à la tête du CEA, s’est rendu au Japon, sur le site de la centrale nucléaire de Dai-Ichi. Il revient sur les causes et les conséquences de l’accident, un an après :

Par SYLVESTRE HUET

Bernard Bigot, le patron du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), s’est rendu au Japon et à la centrale de Fukushima Dai-Ichi, le 21 février.

Que voit-on sur le site de la centrale ?

Un chantier où les travailleurs sont équipés de combinaisons et de masques filtrants. Le plus visible, ce sont les opérations de pompage, de traitement et de stockage de l’eau qui refroidit les réacteurs. L’ambiance est plutôt calme, je n’ai pas senti de fébrilité. Nous nous sommes installés dans le centre de crise où travaillent sans protection particulière 120 personnes.

Avez-vous visité le site ?

Oui, nous nous sommes rendus sur un point élevé, puis nous sommes descendus sur la plateforme où se trouvent les réacteurs. On voit alors les dégâts du tsunami. Le mur de protection de 6 mètres de haut a été couché par la vague de 15 mètres. Après avoir brisé cette protection, elle est venue heurter les bâtiments des alternateurs. L’eau est parvenue par l’arrière sur les réacteurs, a noyé les parties basses et les diesels de secours. Puis, elle a liquéfié une partie de la colline, ce qui a détruit le poteau de la ligne d’alimentation électrique de la centrale, l’une des causes de la perte de contrôle des réacteurs nucléaires.

Dans quel état sont les bâtiments ?

Ce qui frappe, c’est la dévastation provoquée par les explosions d’hydrogène. Les Japonais sont très actifs pour en ramasser les débris, surtout autour des réacteurs 3 et 4. Les grues sont en place pour entamer le nettoyage des bâtiments des réacteurs afin d’accéder aux piscines où se trouvent les combustibles usés. Un nouveau séisme pourrait provoquer une nouvelle situation catastrophique si les piscines se vidaient. Il faut enlever dès que possible les combustibles usés et les stocker ailleurs. Les Japonais espèrent pouvoir le faire dans les deux ans.

Tepco, l’opérateur de la centrale, a-t-il retardé l’injection d’eau de mer dans les réacteurs ?

A ma connaissance, non. Plutôt une valse-hésitation sur les moyens à mettre en œuvre. Au lieu d’apporter pompes et générateurs par hélicoptères, ils ont essayé par la route avec des camions de pompiers. Et cela a échoué près de la centrale où la route était effondrée.

Cet accident était-il évitable ?

La mer est au pied des réacteurs 1 à 4. On a du mal à comprendre l’absence d’une perception plus aiguë du risque de tsunami, surtout après le rappel tragique de 2004 en Indonésie. Les réacteurs 5 et 6 sont plus hauts, ceux de Fukushima Dai-Ni, à 10 km, ou ceux d’Onagawa, au nord, tous plus récents, ont résisté au tsunami. Comme si la conscience de la nécessité de protections plus fortes existait, mais que les Japonais n’arrivaient pas à prendre la décision : «Le risque est trop élevé pour les vieux réacteurs, stoppons-les.» Après le tsunami, ils disposaient de plus de douze heures pour acheminer des moyens d’urgence. Et si la fusion des cœurs n’avait pu être évitée, il y avait encore le moyen d’empêcher le cycle infernal de la montée en pression dans l’enceinte de confinement, suivie des explosions d’hydrogène, en éventant les enceintes dans des bâtiments, au moins sur les réacteurs 1 et 3. Le relâchement de radioactivité aurait été limité.

Il y a donc des responsables ?

Ces réacteurs ont été construits avec l’aide de General Electric. La conception a sans doute été faite, il y a quarante-cinq ans, par des gens peu sensibilisés au risque de tsunami. Il fallait choisir de fermer ou de faire des travaux importants. Par ailleurs, l’Autorité de sûreté nucléaire japonaise est très fragmentée et dépendante du système industriel. Ajoutez la culture du consensus… Personne n’a eu le courage ou la lucidité de dire «stop, nous faisons une erreur».

Comment la population réagit au risque sanitaire ?

Les autorités japonaises ne s’attendent pas à gérer des risques sanitaires élevés, mais elles ont le sentiment d’avoir perdu la confiance de la population. Elles souhaitent la regagner par des démonstrations de responsabilité dans la gestion du risque sanitaire et environnemental. L’objectif est de reconquérir les territoires où la contamination est inférieure à une dose de 20 millisieverts la première année. Dans ces zones, où l’on conduit des tests de décapage des rizières, les gens ne sont pas en combinaison, mais ils portent un dosimètre. Dans la préfecture de Fukushima, la population est aussi équipée de dosimètres qui mesurent la radioactivité et en calculent le cumul. J’ai l’impression que cela joue un rôle rassurant. Et à Tokyo, si la ville m’a semblé peu préoccupée par le risque radiologique, cela n’empêche pas les protestations ou les manifestations.

Peut-on maîtriser le risque nucléaire ?

Oui, mais la conception de l’installation doit préserver les fonctions de sûreté en toutes circonstances et, s’il y a tout de même une fusion de cœur, confiner la radioactivité. Les réacteurs de troisième génération, comme l’EPR, sont des forteresses garantissant cette sûreté. La conscience du risque doit déboucher sur l’exigence d’éviter le relâchement de radioactivité, même en cas de fusion, ce qui est possible, comme l’a montré l’accident de Three Miles Island, aux Etats-Unis, en 1979.

http://www.liberation.fr/terre/01012393621-a-fukushima-personne-n-a-eu-le-courage-de-dire-stop-nous-faisons-une-erreur

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