私たちは何を見て、何を見なかったのか・・・ – Qu’est-ce qu’on a vu et qu’est-ce qu’on n’a pas vu…

以下は、先日手にした小さな本だよ。

タイトル = 「君はフクシマで何も見なかった

著者 = ダニエル・ドゥ・ルーレ

出版 = ブッシェ・シャテル出版、2011年4月

「我々は我々自身の罠にはまり、我々は恐ろしい死に向かって運ばれるシステムに加担してしまった。」

ダニエル・ドゥ・ルーレ = 原爆叙事詩などの小説著者であり、原発でエンジニア技師として働いた経験有り。

↓     ↓     ↓

この本は、小説でもなくエッセイでもなく、手紙、20ページに渡る長い手紙。

著者のダニエル・ドゥ・ルーレさんが、2011年3月18日に、東京在住の日本人女性カヨコさん宛てに書いた手紙が、「本」っという形になっているというもの。

手紙の後に、原発でエンジニア技師として働いた経験のある著者が、3月11日から3月24日までメモった、原発事故に焦点を当て、状況をメモったものが掲載されているよ。

この本の出版日は4月21日ってことになってて、凄く急いで出版した感があるけど・・・この続きも、いつか出版するつもりなのかな?

この本=手紙の2箇所を、著者にも出版社にも無許可で勝手に訳してみるよ。

あたしの訳でええよって人は読んでぇ。

親愛なるカヨコさんへ

あなたの近況を知りたい。そちらは、大変な事態になっていますね。そして、今週末には、東京が福島から流れてくる放射能雲下におかれるという。35000000人にも及ぶ人々、一体どうなさるんでしょう? あなたは、どうなさいますか? お宅を密閉し、外出する際には防護服を着用されるんでしょうか? 私といえば、ここフランスの安全な片田舎に居て・・・自身を落ち着かせるべく、あなたの2つのメールアドレスにメッセージを送りましたが、あなたのケイタイ電話に連絡を取る勇気は持てませんでした。 大変な状況下に居るであろう貴方に、野次馬的とも取られかねない様な連絡の取り方は、したくなたっかのです。 そこで、この恐怖心を取り除くのに、1番の方法として、こうして、貴方にお手紙しているんです。 この手紙は、私が、どれ程あなたの事が心配でならないか、しっかり伝えるために英語訳しますね。 ある年の、ある日、夜7時、あなたは私を招待してくださいました。桜が開花し、一気に春が東京に訪れたあの・・・

5日前から、毎日、パソコンを立ち上げる度に一番に目にするのは福島のニュースです、原発から放された煙、爆発映像、乾いたプールにヘリコプターから注入映像、欠けた原子炉の姿・・・私は、貴方が、「あんたは福島で何も見てない。」っと言っている声が聞こえてくるようであります。 ええ、貴方が(そう言うのは)正解ですよ、なんと言っても、私は数千キロも離れた地震のない土地に居て、海からも離れていてっという場所に居るわけで。 フランス人ジャーナリスト達が避難をしたと耳にしました、それから、フランス政府から派遣された放射線防護の専門家たちも、何百キロも離れた所に避難させられたんだと聞きました、彼らたちも逃げたんですね。 私は、このプロフェッショナルな人々による臆病な態度を遺憾に思います、でも同時に、私自身だったら、どんな行動をしただろうか?っと思います。 もし、こうして貴方に手紙をするのが、今日ではなく、それが昨年の3月18日だったら、さぁ、どうだったのか?

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ダニエル・ドゥ・ルーレさんの本のタイトルは「君はフクシマで何も見なかった」なんだけど、このタイトルは意識して付けられたタイトルなんだよね。

「意識」されたのは、この、エマニュエル・リヴァさんの写真+共同テキストからなる本、「君はヒロシマで何も見なかった」(ガリマール社出版・2009年)だよ。

あと、「意識」されたのは、アラン・レネ監督の映画で、マルグリット・デュラス脚本の、映画フランス語タイトル = Hiroshima mon amour。

このタイトルは、フランス語発音だと「ヒロシマ・モナムール」で、「わが愛、ヒロシマ」って意味なんだけど、『公開時に「二十四時間の情事」へ変更された。ただし近年では日本においてもヒロシマ・モナムールと紹介される場合もある。』 (ウィキペディア)って事だよ。

エマニュエル・リヴァさんが出演してる映画で、上の本になった写真たちは、映画の撮影期間中に撮影された写真なんだよね。

以下、撮影の休憩時間にでも撮られた1枚の写真っぽい、エマニュエル・リヴァさん。

映画の宣伝ポスターは幾つかあるけど、例えば、こんな感じ、フランス公開されたのは、1959年6月10日なんだってよ。

ちなみに、マルグリット・デュラス脚本で、昔は、こんな表紙の本だった。

現在では、こんな表紙になってる。

映画は始まって、第一声として耳に入ってくるのが、「君はヒロシマで何も見なかった」なんだよね。

フランス語では、Tu n’as rien vu à Hiroshima で、発音 = 「チュ・ナ・リヤン・ヴュ・ア・ヒロシマ」。

以下、映画丸ごと、英語の字幕付で観れるよ☆

「わが愛、ヒロシマ」、「二十四時間の情事」、「ヒロシマ・モナムール」 (1959年) 

監督 アラン・レネ

“Hiroshima mon amour” (1959) de Alain Resnais

概要

外部からやってきたフランス人という存在が、原爆をどこまで知ることができるのか?というアラン・レネ監督の想像から映画制作は始まった。人間が、現実を批判しながら自己の心の在りかを探求していく過程を、個人の内面にある戦争を背景に描いた作品。

当初はカンヌ国際映画祭でフランスからの正式出品のはずだったが、1956年の「夜と霧」と同じく「時宜を得ない」との理由で却下され、コンクール非参加作品として特別上映された経緯がある。映画祭がこの作品については当時の米国の心証を、その前の「夜と霧」ではドイツの心証を、それぞれおもんぱかったと言われた。ジョルジュ・サドゥールはこの作品を「時代を画する作品」と激賞し、「FILM辞典」でも「ヌーヴェル・ヴァーグの最も重要な作品」と評価した。

この作品は1959年度カンヌ国際映画祭国際映画批評家連盟賞と1960年度ニューヨーク映画批評家協会賞外国語映画賞を受賞している。

1979年セザール賞のフランス映画トーキー・ベスト・テンでは、史上第7位に選出された。

映画の全編(ヒロインの第二次世界大戦中の回想シーンを除く)のロケーションを1958年当時の広島市で行い、多くの市民が撮影に参加している。二人が情事にふける立町のホテル周辺や、フランス語で記載されたプラカードで反核平和を訴えるデモ行進を行っているシーンなど、多くの市民の姿が映し出されている。当時の広島駅、平和公園、広島平和記念資料館、広島赤十字・原爆病院、本通り商店街、原爆ドーム、太田川なども登場する。

映画の製作に、フランス側は『夜と霧』を製作したアルゴス・フィルム他、日本側は大映、そしてパテ・オーヴァーシーズがとりまとめた合作映画である。映画の題名は初期の企画段階では「ピカドン」だった。

あらすじ

来日し、広島へ反戦映画のロケに訪れたフランス人女優が日本人男性と知り合い深い仲に。二人の情事の際の会話が続く冒頭では広島の原爆被害の惨状を訴える映像シーンが続く。

しかし二人とも第二次世界大戦で戦争による悲劇的な体験を有していた・・・

日本人男性は米軍の原爆投下によって家族を全て失っており、フランス女性はナチスの将校と恋仲だったが、戦後に周囲から糾弾や迫害を受けた過去を持っていた。

(ウィキペディア)

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追記

ダニエル・ドゥ・ルーレさんのインタビューが、スイス・アンフォHPに掲載されていたので、以下、まんま置いておくわ。

いつか、日本語に訳してみようかな・・・。

Suisse info – 20/01/2012

«Face à l’atome, j’éprouve fascination et méfiance»

Par Ghania Adamo, swissinfo.ch

Daniel de Roulet a publié une vingtaine de livres. (Keystone)

Ecrivain suisse romand au regard clairvoyant, Daniel de Roulet publie «Fusions», dernier né d’une saga commencée il y a plusieurs années. Au cœur de son roman, l’atome, source de réjouissances, de craintes et de débats énergiques. Entretien avec l’auteur.

Par Ghania Adamo, swissinfo.ch

Daniel de Roulet, c’est un peu notre Balzac à nous. A l’écrivain français, sa Comédie humaine. Au Suisse, sa Simulation humaine, titre donné à une saga que Daniel de Roulet raconte en dix tomes. Le neuvième, Fusions, sort aujourd’hui chez Buchet/Chastel (Paris).

Au fil des ans, la saga a dressé un imposant édifice social. Au centre, deux grandes familles, l’une japonaise, l’autre européenne. Elles traversent ce bas monde au rythme des guerres et des tempêtes sentimentales. Leur époque? Le 20e siècle, dominé par la recherche atomique.

Deux entreprises spécialisées dans le traitement de déchets radioactifs s’affrontent dans Fusions. Mais au-delà, c’est toute la question du nucléaire qui se pose. Daniel de Roulet nous a affirmé qu’il y a désormais un avant et un après Fukushima. Que le monde ne peut plus respirer de la même manière. Que la Suisse a intérêt à sortir du nucléaire… Mais laissons-lui la parole.

swissinfo.ch: L’accident de Fukushima vous a-t-il incité à écrire ce livre?

Daniel de Roulet: Mon livre était déjà prêt quand l’accident a eu lieu. Mon éditeur et moi avons donc eu la tentation de le publier immédiatement, surtout qu’une partie du roman se passe au Japon. Puis on s’est ravisé, pensant qu’on nous verrait comme des opportunistes tentant une opération marketing à la suite d’une catastrophe. On a donc retardé la sortie du livre, et j’ai écrit un autre à la place, tout petit, intitulé Tu n’as rien vu à Fukushima. C’est une lettre de solidarité adressée à une jeune femme japonaise que je connais, qui vit à Tokyo.

Vous savez, le Japon et le nucléaire sont deux thèmes qui traversent mon œuvre depuis longtemps. L’accident de Fukushima est un hasard qui a croisé mon roman. J’aurais préféré bien sûr qu’il n’arrive pas.

swissinfo.ch: Vous avez travaillé dans une centrale nucléaire comme informaticien. Cela a-t-il influencé votre pensée?

D.d.R.: Oui, surtout après ce que j’ai découvert, à savoir que les ingénieurs atomistes ont une certaine répulsion à l’égard de leur métier. Je m’explique. Une fois la centrale construite, on sait que pendant 25 ou 30 ans il va falloir être là, à surveiller quelque chose qui pourrait se passer tout en espérant qu’il ne se passe pas, et à prier le ciel que vous ayez, en cas d’accident, la capacité d’une réaction immédiate. Cela vous met dans une situation de stress épouvantable qui, lorsqu’elle ne débouche pas sur un suicide, vous pousse à écrire sur les murs de vos bureaux des slogans antinucléaires. J’ai vu ça de mes yeux.

swissinfo.ch: Peut-on dire que vous vous méfiez du nucléaire mais qu’en même temps il vous fascine?

D.d.R.: Oui, c’est vrai. J’ai une fascination pour la plus grande découverte du 20e siècle: l’énergie atomique. Au cours des 80 premières années du siècle dernier, on a sondé plus profondément que jamais ce qui se passe à l’intérieur de la matière. Mais en même temps, on a constaté que l’atome, qui permet des avancées technologiques fantastiques, s’il est utilisé de manière démesuré, devient incontrôlable. Faut-il donc le condamner? Le drame vient de cette hésitation, présente aussi bien dans l’histoire que je raconte que dans la réalité.

swissinfo.ch: La fin de la Guerre froide a mis fin au nucléaire militaire, dites-vous dans votre livre. On a du mal à vous suivre si l’on pense à la confrontation actuelle entre l’Occident et l’Iran soupçonné d’enrichir son uranium dans un but non pacifique?

D.d.R.: Je voulais dire par là que la Guerre froide a stoppé une certaine course aux armements qui a ruiné surtout l’ex-URSS. Pour Gorbatchev, que je mets en scène dans le roman, tenir après Tchernobyl devenait impossible. La raison en était simple: l’état de désorganisation qu’a provoqué l’accident nucléaire soviétique a montré qu’un pays totalitaire ne pouvait venir à bout d’un désastre de cette ampleur que s’il remilitarisait la société entière. Le problème devenait donc double: militairement l’accident allait coûter très cher et civilement il était ingérable.

De ce point de vue, il y a donc eu une mise en cause absolue du nucléaire. Mais ce qu’on n’avait pas prévu alors, c’était l’émergence de la Chine qui allait réactiver les craintes et les vieux démons de l’armement. Or cette émergence, mes personnages ne pouvaient pas l’anticiper puisque mon roman s’arrête vers la fin des années 80.

swissinfo.ch: Un de vos personnages, brillant ingénieur d’origine suisse, participe au démantèlement de l’arsenal nucléaire soviétique. Est-il imaginaire ou a-t-il son équivalent dans la réalité?

D.d.R.: Non, il n’existe pas dans la réalité. Mais il y a, de fait, des personnages ambigus dans l’industrie nucléaire helvétique. A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les militaires suisses ont immédiatement réclamé une bombe atomique. La commission Paul Scherrer a été d’ailleurs fondée à cet effet et ne fut dissoute que bien des années plus tard. Jusqu’en 1988, des militaires et des scientifiques de ce pays pensaient donc qu’ils allaient doter la Suisse de l’arme nucléaire. Pour en faire quoi? Je ne l’ai jamais compris.

swissinfo.ch: Revenons au présent. Fukushima soulève en Europe le débat que vous connaissez. Selon vous, la Suisse doit-elle sortir du nucléaire?

D.d.R.: Je pense qu’elle suit la bonne voie. Elle a d’ailleurs plus de chance d’en sortir que des pays comme la France ou le Royaume-Uni qui, eux, possèdent l’arme atomique et auront plus de difficultés à fermer leurs centrales. Car il ne faut pas oublier que les armes nucléaires ont besoin d’ingénieurs spécialistes, lesquels font à la fois du civil et du militaire. Or si l’on supprime le civil, le militaire périclite et met en cause la force de frappe d’un pays. A cet égard, la Suisse, comme l’Allemagne d’ailleurs, ne court aucun risque.

Ghania Adamo, swissinfo.ch

http://www.swissinfo.ch/fre/culture/Face_a_latome,_j_eprouve_fascination_et_mefiance.html?cid=31977252

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