Daily Archives: December 31, 2011

「謹賀新年、明けましておめでとうございます・・・なんて書く気になれない。」- “Nous n’avons pas le coeur à écrire ‘Bonne et heureuse année'”

今日2011年12月31日付のル・ポワン誌HPに掲載されてた記事読んだ。

記事は、AFP通信社の記事が元になってる。

あたしの訳で良かったら読んでや。

記事タイトル = 「福島の原発難民達にとって荒涼な大晦日

原発災害が元で家を追い出された数千人にも及ぶ彼らたちの気分は、お祝いどころではない。

写真 = コニシ・タロウ/Sipa 福岡にて、被災者の為に設置されたLED電球使用のクリスマスツリー

AFP

壊滅的な年となった2011年から新しい年を迎えつつある日本だが、福島の原発事故により家を出て難民生活を余儀なくさせられている人々にとっては、大した希望もなく新年を迎えるにあったって、お祝いをするような気分ではない。1月1日元旦は、日本人にとって最も重要な祝祭日で、正月休みに家族揃って、初詣に出かけ祝う。しかし、あの3月11日の津波のあと、福島第一原発原発が放射能を撒き散らしだした為に、数時間で準備をし家を出ざるをえなかった何万人もの人々にとって、この新年祭は悲しみを帯びたものになるでしょう。

あれから数ヶ月間、避難者の内の約1000人が東京の36階建てで生活をしているが、彼らは、新年を迎えてお祝いするどころではないという。「今年は、明けましておめでとうっと言えないですね、幸せを感じてないんですから。」っと話すのは、4月から、この日本政府が所持する建物内での避難生活を余儀なくされているタカハシ・ユウジさん。マグニチュード9の地震は、大津波を発生させるキッカケとなり東北を襲い、約2万人の死亡者、行方不明者を出した。

タカハシ・ユウジさんは、例年の年始年末は、原発から6キロの富岡町の家で家族で集まって、酒を飲んで、お節を食べて祝うのが恒例だった。タカハシさんは元教師、68歳、「毎年楽しくお祝いしてたんですが、今年は例年の様には行きません。」っと残念そうに話す。「私の生活は一変してしまいました。そして、こんな生活を、どれだけの間しなきゃいけないのか。こんなに悔しいことはない。こんな事だったら、日本政府にハッキリと、もう帰宅はありえないと宣言された方がマシですよ。最悪の状況を準備しておこうと思っています。」と。

「どうやって以前の私達の生活が取り戻せると言うんですか?」

日本政府は津波の被害によって損傷された原子炉の廃炉に、40年の歳月が要すること、また、原発付近の幾つかの箇所においては今後数十年において、生活不可能になる可能性があることを発表した。津波に家を飲み込まれた浪江町のササキ・シゲコさんは、日本政府から東京湾を見渡す建物に避難を余儀なくされたことに怒り感じ、「水が怖いんです、何故(日本政府は)わたしたちを、こんなに海が近い所に避難させるんでしょう? 初めは、こんな所じゃ生活できないっと思いました。」っと話す。

そして、この61歳になる女性は、自身の生活を丸ごと飲み込んでしまった海を眺めることに、徐々に慣れていった。しかし、どうしても未来には暗いものを感じずにはいられないという。ササキ・シゲコさんは残念そうに、「どこか、安定した場所で生活する必要があるんです。ここで出会って、仲良くなった人々とも、いつかは離れ離れになるんですよね。」っと話す。12月中旬、野田佳彦総理は、福島原発の原子炉が制御下状態に持っていく事に成功したと発表した。そして政府は、来年4月までに、原発付近の放射線量に応じて、住居地の再配分をする事になっている。

しかし、「素直に喜べる状況ではないですよ、もう地域全ての繋がりが破壊されたんですから。政府にとっては簡単な話ですよ、はい、帰宅してくださいってね。でも、どうやって以前の私達の生活が取り戻せると言うんですか?」っと話すのは、住居も経営するレストランも、帰宅可能地域に指定されたという、ミサワ・コウゾウさん、69歳。ミサワさんに寄ると、例え緊急避難区域が解除されたとしても、町の中心的活動だった、お店、レストラン、病院などは閉鎖したままになる可能性が大きいだろうという事だ。まだ春に南相馬に帰るか帰らないか決断していないミサワさんは、「どこに行くかも分からない状況で生活するのは辛いです。」っと語る。日本では、年賀状を送りあうのは大伝統だが、今年ミサワさんは、年賀状を送らないことにした。「謹賀新年、明けましておめでとうございます・・・なんて書く気になれない。」っと話してくれた。

————————————-

元記事はコレ。

Le Point.fr – 31/12/2011

Réveillon morose pour les réfugiés de Fukushima

Les milliers de Japonais chassés de chez eux par la catastrophe nucléaire n’ont guère le coeur à la fête.

Un arbre de Noël émetteur d’iode a été installé à Fukuoka, pour les victimes de la catastrophe. © Taro Konishi / Sipa

AFP

Alors que le Japon se prépare à tourner la page d’une année 2011 catastrophique, les réfugiés chassés de chez eux par la crise nucléaire de Fukushima n’ont pas le coeur à célébrer une nouvelle année dont ils disent ne pas avoir grand chose à attendre. Le 1er janvier est l’une des fêtes les plus importantes pour les Japonais, qui profitent de ces quelques jours de congés pour se réunir en famille, visiter des temples et faire des agapes. Mais ce réveillon sera certainement empreint de tristesse pour les dizaines de milliers de personnes forcées de fuir en quelques heures leur domicile lorsque les réacteurs de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi ont commencé à cracher des particules radioactives, après le passage du tsunami géant du 11 mars.

Beaucoup des quelque 1.000 réfugiés accueillis dans une tour de 36 étages de Tokyo confient que l’humeur n’est pas à la célébration, après les mois terribles qu’ils viennent de vivre. “Je ne peux pas dire ‘Bonne Année’ cette année car je ne me sens pas heureux”, déclare Yuji Takahashi, qui habite depuis avril dans cet immeuble appartenant au gouvernement. Le séisme de magnitude 9 qui a déclenché un gigantesque tsunami sur les côtes nord-est du Japon, a également fait quelque 20.000 morts et disparus.

Les années précédentes, les membres de la famille de Yuji Takahashi se réunissaient dans sa maison de Tomioka, située à 6 kilomètres de la centrale nucléaire, pour boire du saké et déguster les plats d'”osechi”, confectionnés traditionnellement pour le Nouvel An à base de légumes du potager. “C’était si bien, si joyeux, mais je ne peux pas le faire cette année”, regrette cet ancien instituteur de 68 ans. “Ma vie a complètement changé. Je ne sais pas pendant combien de temps je vais devoir vivre comme ça. C’est le plus désespérant. Je préférerais presque que le gouvernement nous dise que nous ne pourrons jamais revenir chez nous. J’essaye de me préparer au pire.”

“Comment pouvons-nous retrouver notre vie d’avant ?”

Le Japon a annoncé que le démantèlement des réacteurs endommagés par le tsunami pourrait prendre 40 ans et que certaines zones proches du site pourraient être inhabitables pendant plusieurs décennies. Shigeko Sasaki, dont la maison à Namie a été emportée par le raz-de-marée, est en colère contre le gouvernement qui l’a hébergée dans un immeuble surplombant la baie de Tokyo. “J’ai peur de l’eau”, dit-elle. “Pourquoi (le gouvernement) nous a-t-il mis si près de la mer ? Au début, j’ai cru que je ne pourrais pas vivre ici.”

Puis cette femme de 61 ans s’est habituée à regarder la mer qui a si cruellement ruiné sa vie. Mais elle ne peut pas s’empêcher de voir l’avenir en noir. “Nous devons trouver un endroit où nous fixer, et tous les gens avec lesquels j’ai sympathisé ici vont à nouveau être dispersés”, regrette Shigeko Sasaki. A la mi-décembre, le Premier ministre Yoshihiko Noda a annoncé que les réacteurs de Fukushima étaient désormais sous contrôle. Le gouvernement va en conséquence procéder d’ici avril à un redécoupage des zones d’habitation autour de la centrale en fonction des niveaux de radioactivité.

Mais Kozo Misawa, 69 ans, dont la maison et le restaurant sont situés dans une zone qui pourrait être de nouveau considérée comme “habitable”, ne s’en réjouit pas pour autant car, dit-il, les communautés qui vivaient là-bas ont toutes été détruites. “C’est facile pour le gouvernement de dire : ‘C’est réglé. Vous pouvez rentrer chez vous’, mais comment pouvons-nous retrouver notre vie d’avant ?” Il pense que même si la zone est rouverte, beaucoup de commerces, de restaurants et d’hôpitaux qui font l’âme d’une ville risquent de rester fermés. “C’est dur de vivre sans savoir où l’on va”, reconnaît Kozo Misawa, qui n’a pas encore décidé s’il allait regagner son domicile à Minamisoma, au printemps prochain. Il a même renoncé cette année à envoyer des cartes de voeux, une tradition pourtant scrupuleusement respectée au Japon. “Nous n’avons pas le coeur à écrire ‘Bonne et heureuse année'”, confie-t-il.

http://www.lepoint.fr/monde/reveillon-morose-pour-les-refugies-de-fukushima-31-12-2011-1414044_24.php

————————————————————-

追記

鎌田慧さん 「失意のひとたちが、まだ立ち直れていないことを考えると、とても『おめでとう』といえる気分にはなれない。」 

東京新聞 2012年1月3日